o CHASSE
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LE PIÉGEAGE
QU'EST-CE QUE LE PIÉGEAGE ?
Le
piégeage a pour but la destruction par capture des
animaux dits "nuisibles".
Comme l’écrit Jacques Guilbaud (docteur en droit,
magistrat honoraire) dans son ouvrage "La chasse et le
droit":
"Cette fin est de moins en moins pertinente au fur et
à mesure que le bien-fondé du caractère nuisible des
espèces régresse sous l’influence de l’évolution des
connaissances et des choix sociaux".
Et en effet, le piégeage est une activité de plus en
plus contestée.
Il n'y a d'espèces nuisibles à
la biodiversité que les espèces invasives. Et par
exemple, aucune des espèces de petits prédateurs
autochtones ne l'est. Chacune joue un rôle au sein
de l'écosystème dans lequel elle vit.
LA RÉGLEMENTATION
Le piégeage est réglementé par :
- les arrêtés ministériels des
- 23 mai 1984,
- 10 février 1986,
- 10 décembre 1986
- 26 mai 1987,
- 12 août 1988,
- 20 février 1989
- 22 décembre 1994,
- 13 juillet 1999,
- 10 novembre 1999 - le dernier date du 29 janvier
2007. Vous pouvez le télécharger.
- arrêté du 29 juin 2011 modifiant celui du 29
janvier 2007 (interdiction
des pièges rustiques dits assommoirs perchés).
Le
télécharger là.
- la réglementation européenne
- n° 3254/91 du 4 décembre 1991
- le code rural
Articles : L 211-1, 224-3, 227-14, 228-6, 228-17,
228-26,
R 227-12, 227-13, 227-14, 227-15, 227-16, 228-3,
228-6, 228-17.
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Les espèces susceptibles d'être classées nuisibles
figurent sur la liste nationale fixée par décret (Réf:
N°88-940 du 30 septembre 1988). Il s'agit de :
- Mammifères:
Belette, Chien viverrin, Fouine, Lapin de garenne,
Martre, Putois, Ragondin, Rat musqué, Raton laveur,
Renard, Sanglier *, Vison d’Amérique.
(*) piégeage interdit
- Oiseaux:
Corbeau freux, Corneille noire, Etourneau sansonnet,
Geai des chênes, Pie bavarde, Pigeon ramier.
Les pièges autorisés appartiennent à cinq
catégories :
- Boîtes à fauves
Les pièges-cages entrent dans cette catégorie.
- Pièges déclenchés par pression sur une
palette ou par enlèvement d’un appât, ou tout autre
système de détente, et tuant net l’animal
Les pièges à mâchoires capturant l’animal par un
membre sont interdits.
- Collets munis d’un arrêtoir
L’arrêtoir empêche la strangulation.
- Pièges à lacet déclenchés par pression
sur une palette, ou tout autre système de détente,
et capturant l’animal par une partie de son corps,
sans le tuer
- Pièges entraînant la mort de l’animal par
noyade.
L’utilisation de pièges à
loutre, celle des pièges à poteau ou de pièges à
mâchoires placés sur poteau, celle de pièges à feu ou
de batteries d’armes à feu, sont interdites, ainsi que
l’utilisation de pièges rustiques dits assommoirs
perchés (depuis le 29 juin 2011).
Les modèles de pièges des catégories 2 à 5 nécessitent
une homologation ministérielle symbolisée par un poinçon
visible sur le piège.
Les pièges doivent être visités au moins tous les
matins.
Les animaux capturés et classés “nuisibles” dans le
département doivent être mis à mort immédiatement et
sans souffrance. Les animaux capturés, alors qu'ils ne
sont pas classés nuisibles, doivent être relâchés.
OBLIGATIONS DU TITULAIRE DU DROIT DE DESTRUCTION
C'est le propriétaire (ou le fermier) qui est
titulaire du droit de destruction.
S’il veut piéger ou faire
piéger par un piégeur agréé, il doit :
- établir une déclaration préalable au
piégeage, indiquant le(s) nom(s) de(s) piégeur(s),
les motifs du piégeage, la nature des pièges, les
époques de pose, les zones piégées.
Quatre exemplaires sont nécessaires, tous visés par
le maire: l’un pour le déclarant, un autre pour le
préfet, un troisième pour la fédération
départementale des chasseurs, et le dernier pour
affichage communal officiel.
- signaler de manière apparente sur
les chemins et voies d’accès, les zones où seront
tendus les pièges.
OBLIGATIONS DU PIÉGEUR AGRÉÉ
ARTICLE 5
« Toute personne qui utilise des pièges doit être
agréée à cet effet par le préfet du département où elle
est domiciliée. Cet agrément fait l’objet d’une
attestation numérotée et est valable pour l’ensemble du
territoire national ».
Commentaire
Le permis de chasser n’est pas requis et il n’y a pas
d’âge minimum. Sauf exception, une formation est
obligatoire. Assurée par l’Office National de la
Chasse et de la Faune Sauvage, elle n’est sanctionnée
par aucun examen. Il suffit donc de participer à la
session de formation (minimum 16 heures) pour que le
préfet signe un arrêté d’agrément au bénéfice du
candidat. Mais il faut remarquer que l’agrément est
devenu obligatoire pour tous les types de pièges.
( Seul le piégeage du ragondin et rat musqué à l’aide
de boîtes ou pièges-cages est possible sans agrément
mais avec déclaration de piégeage obligatoire).
Il
est imposé au piégeur :
- d’utiliser des pièges homologués,
marqués au numéro de son agrément, ou à la marque de
son employeur,
- de tendre les pièges de la catégorie
2 à plus de 200 m des habitations des tiers et à
plus de 50 m des routes et chemins ouverts au
public,
- de ne tendre que de nuit les pièges
à œuf, de les détendre et de les neutraliser dans
les 2 heures suivant le lever du soleil (sauf s’ils
sont placés "en jardinet"),
- de visiter ou de faire visiter tous
ses pièges chaque matin,
- de tenir un relevé quotidien de ses
prises sur le registre,
- d’envoyer avant le 30 septembre le
bilan de ses prises pour la campagne de destruction
qui s’achève le 30 juin chaque année, y compris si
le piégeur n’a pas pratiqué le piégeage au cours de
l’année cynégétique écoulée.
Commentaire
Le relevé quotidien des prises est simplifié :
il n’est plus nécessaire d’avoir un registre coté et
paraphé par le maire de la commune.
L’obligation d’envoyer le bilan annuel est maintenue
même si aucune activité de piégeage n’a eu lieu.
Cependant, la présentation du bilan annuel de piégeage
est simplifiée puisqu’il n’y a plus à préciser ni le
nombre de pièges ni les catégories utilisées.
La FDC et la DDAF ne sont plus destinataires des
déclarations de piégeage
Les formulaires de déclaration sont donc réduits à
deux exemplaires ; un pour le maire et un autre
pour le déclarant qui doit être en mesure de le
présenter à toute demande des agents chargés de la
police de la chasse.
La déclaration n’est plus obligatoire pour le piégeage
dans les bâtiments, cours et jardins.
Il n’y a plus obligation de préciser comme dans le
passé la zone où les pièges seront tendus, les motifs
de destruction, la nature et le nombre de pièges
utilisés.
ARTICLE 9
L’agrément est valable pour une durée illimitée. Il peut
toutefois être suspendu, par décision motivée du préfet,
pour une durée n’excédant pas cinq années, au cas où
l’intéressé aurait contrevenu à une des dispositions du
présent arrêté ou se serait rendu coupable d’une
infraction caractérisée aux dispositions législatives ou
réglementaires relatives à la police de la chasse ou de
la protection de la nature et après qu’il aura été en
mesure de présenter ses observations.
ENQUÊTE LIGUE ROC AUPRÈS DE 28 DÉPARTEMENTS
73,5 % des piègeurs agréés n’ont pas renvoyé leur
bilan (saison 2000) et sont donc en infraction.
Attention : en cas de piégeage en enclos ou
d’opérations collectives de destruction des rats musqués
et des ragondins, ces dispositions ne s’appliquent pas
toutes.
Si vous avez des doutes sur le respect de cette
réglementation, alertez la garderie de l’Office National
de la Chasse et de la Faune Sauvage de votre
département. N’hésitez pas à nous contacter.
LES PROPOSITIONS DE LA LIGUE ROC
• A court terme
Renforcer le contrôle de la réglementation sur le
terrain. En effet, beaucoup de piégeurs ne la respectent
pas, en :
- utilisant des pièges interdits,
- ne numérotant pas leurs pièges,
- ne les plaçant pas aux distances
imposées,
- ne les visitant pas chaque matin,
- ne neutralisant pas les pièges à
mâchoires dans la journée,
- ne signalant pas leurs prises.
Exiger des Préfets et des Maires
le strict respect de la réglementation
• A moyen terme
Abandon de la notion d’espèces
"nuisibles", éthiquement condamnable et
scientifiquement fausse.
Dans le cas où des espèces poseraient des problèmes
économiques, écologiques ou de santé publique, la
prévention doit être privilégiée.
Dans les cas où une régulation s’avère inévitable, il
faut dire
NON AUX PIÈGES TRAUMATISANTS
ET DISPOSITIFS MORTELS
ne permettant pas de relâcher les espèces protégées ou
non visées, sauvages ou domestiques (ex. Piège à
mâchoires dit "à palette").
Foire Aux Questions
Notre Ligue ne peut donner de consultations
juridiques. Le conseil juridique est l'exclusivité
des avocats. Il est réglementé et vise à aider un
plaignant à prendre lui-même une décision. Notre
Ligue n’est habilitée ni à prendre une décision à la
place d'un plaignant, ni à influencer dans ses choix
de règlement d'un conflit existant.
Une FAQ se veut informative. L'information ne peut
être délivrée que par un juriste. L'information que
nous offrons en ligne est validée par Maître
Plançon, Avocat au Barreau de Paris.
Le piégeage n’est qu’une des formes de destruction
autorisées. La destruction à tir ou l’utilisation
d’oiseaux de chasse au vol sont aussi légales.
Pourquoi la destruction est-elle préalable aux
dégâts ?
La destruction s’exerce en effet préventivement, en
quelque sorte. Cependant, l’inscription des animaux sur
la liste départementale annuelle des
« nuisibles » répond normalement* à des
impératifs concernant :
- la préservation de la santé et de la sécurité
publique,
- la prévention de dommages importants aux intérêts
agricoles, forestiers et aquacoles,
- la protection de la flore et de la faune.
et à la condition qu’il n’existe pas d’autres
solutions satisfaisantes.
* Tout arrêté préfectoral peut être traduit devant le
tribunal administratif.
L’interdiction de chasser sur une propriété
entraîne-t-elle l’interdiction de piéger ? Etre
autorisé à chasser sur une propriété donne-t-il le
droit d’y piéger ?
Le droit de destruction est distinct du droit de
chasse.
Donc, l’autorisation ou l’interdiction de chasser
signifiée à une personne par le propriétaire n’implique
pas celle de détruire les animaux classés
« nuisibles ».
Pour piéger, il faut être le propriétaire ou avoir reçu
une délégation écrite de ce dernier.
Un propriétaire peut donc interdire la chasse mais il
reste détenteur du droit de destruction, qu’il exerce
lui-même ou délègue ou partage avec le délégué.
Comment peut être tué un animal pris au
piège ?
Avant de tuer l’animal, il faut qu’il figure sur la
liste départementale des animaux classés
« nuisibles » pour l’année en cours. Sinon, il
doit être relâché ou, s’il s’agit d’un chat ou d’un
chien, être remis à la fourrière.
La mise à mort doit être immédiate et ne pas occasionner
de souffrances.
Ce qui implique le plus souvent l’utilisation d’une arme
à feu, même si le piégeur n’est pas chasseur. Une
carabine 22 Lr ? Oui, à condition, selon
l’ONCFS, que son acquisition soit antérieure au décret
du 23/11/2005 et qu’elle ne soit pas classée en 4ème
catégorie ; une telle arme est autorisée pour
mettre à mort rapidement un animal piégé. Comme pour le
fusil de chasse, la carabine 22 Lr n’est plus en vente
libre et il faut un permis de chasser valide pour
l’acheter…
Un animal piégé est donc captif, le tuer n’est-ce
pas un acte de cruauté envers un animal tenu en
captivité ?
La destruction des animaux classés
« nuisibles » est autorisée et réglementée.
Elle ne peut donc être assimilée à un acte de cruauté,
sauf peut-être, si la mise à mort n’est pas immédiate ou
engendre de la souffrance. Mais nous ne connaissons pas
de jurisprudence qui confirmerait cette hypothèse…
Des informations sur ce thème dans nos publications
!
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