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Le 25 juillet 2003
L'abandon du poison dans la nature renvoyé aux calendes grecques?
L'arrêté interministériel du 8 juillet 2003 concerne la " maîtrise" des populations de "ragondins (Myocastor coypus) et rats musqués (Ondatra zibethicus) ainsi que " les conditions dans lesquelles est organisée la lutte contre ces rongeurs "
La lutte est obligatoirement fondée sur :
- une surveillance de l'évolution des populations ;
- des méthodes préventives " visant en particulier à gêner l'installation ou la réinstallation de ces rongeurs ", les autres moyens étant : tir, piégeage, déterrage - mais aussi, et même si cest à titre exceptionnel (uniquement dans les zones où un suivi de l'évolution des populations est mis en place, en excluant les zones urbanisées, les réserves naturelles et les parcs nationaux, et toujours dans le cadre d'un programme incluant les autres moyens de lutte), des appâts empoisonnés.
Si l'objectif est, comme annoncé, d' ORGANISER LA TRANSITION VERS L'ABANDON DE L'EMPOISONNEMENT, aucune échéance n'est mentionnée et celle des calendes grecques est à craindre.
L'organisation de la surveillance (au titre des articles L. 251-3 à L. 251-21 du code rural, et de la lutte contre les ragondins et les rats musqués est confiée aux groupements de défense contre les organismes nuisibles et à leurs fédérations agréées conformément aux articles L. 253-1 à L. 252-5 du code rural.
La Ligue-ROC pour la préservation de la faune sauvage s'étonne que la surveillance des opérations soit confiée aux organismes qui les exécutent.
Les propriétaires et locataires des terrains concernés par "une lutte
obligatoire" doivent suivre les instructions concernant les précautions à prendre en vue d'éviter tout danger pour les personnes et les animaux domestiques ou sauvages.
Au-delà de l'obligation faite aux propriétaires d'accepter des appâts empoisonnés sur leurs terrains, la persistance à utiliser des toxiques malgré l'opposition unanime des instances consultées (le Conseil National de Protection de la Nature et le Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage) est contraire à la directive européenne 92/43/CEE dite « Directive Habitats » qui condamne les poisons comme "moyens non sélectifs".
La Ligue-ROC, ayant comme objet la préservation de la faune sauvage, a été la première a recourir à la justice administrative contre l'utilisation du bromadiolone qui fait des victimes visées ou non par le poison et risque de porter atteinte à la santé humaine (que le ministère de la santé ait co-signé un tel arrêté nous sidère).
Pour elle : La protection de la biodiversité est d'intérêt général, elle devrait primer.
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