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Le 7 octobre 2004
Loi affaires rurales : des cathédrales et des châteaux classés vont pouvoir être détruits
Un amendement parlementaire déposé dans le cadre de la loi pour le développement des territoires ruraux propose une modification de la loi de 1913 pour la protection des monuments historiques. Ce texte, issu d’une tradition remontant au XIXème siècle avec l’action de Prosper Mérimé, s’appuyant sur les milieux éclairés de l’époque, permet à l’Etat de protéger des monuments historiques, privés ou publics, en interdisant tous travaux sans autorisation de l’architecte des bâtiments de France, voire du ministre. Les déclassements sont rares, voire impossibles aujourd’hui. Le député à l’origine du projet parle de la nécessité de souplesse, se défend de vouloir la destruction du patrimoine historique français mais dénonce le fait qu’aujourd’hui le moindre lavoir, la moindre chapelle, ou le plus petit muret, du moment qu’il est en pierres fait l’objet d’une vénération excessive des associations.
Cet amendement ouvre réellement la possibilité, par le renversement d’un principe général, de détruire un bâtiment historique, de mettre en péril le patrimoine local, armature de notre riche culture régionale. C’est la diversité culturelle qui est en jeu.
SCIENCE FICTION ?
OUI car évidemment personne n’envisagerait cela pour le patrimoine historique. Mais certains députés l’envisagent pour ce que la loi définit comme notre Patrimoine Naturel. En effet, à l’heure où le Président de la République a persuadé les parlementaires d’adjoindre à la Constitution une Charte de l’environnement, à l’heure où le Gouvernement a lancé une Stratégie Nationale de la Biodiversité, à l’heure où toutes les études scientifiques montrent un dramatique effondrement de la biodiversité, se traduisant jusque dans l’affaiblissement marqué en France des populations d’espèces communes comme le moineau ou la perdrix grise (- 50% en 15 ans), un amendement tendant à réviser tous les trois ans la liste des espèces protégées va être discuté lors de l’étude en seconde lecture du projet de loi sur les affaires rurales !
Cet amendement vise à mettre à bas tout l’édifice de protection des espèces.
Dans le passé, la France a su, et sait encore, protéger ses richesses historiques. C’est maintenant qu’elle doit le faire pour ses richesses naturelles.
Cela ne se fera pas à l’occasion d’une modification législative que certains voulaient inaperçue. Il ne s’agit pas simplement de pratiques de chasse, il s’agit de réfléchir à la place de la biodiversité, à sa meilleure appropriation, à sa meilleure compréhension, à sa meilleure prise en compte.
La stratégie nationale pour la biodiversité est en cours de rédaction. Toute initiative touchant aux textes de protection des espèces est donc prématurée.
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