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Le 24 février 2005

La Charte de l’Environnement : une avancée attendue

Nous attendons tous avec impatience la consécration constitutionnelle du principe de précaution. Il est difficile d'imaginer que les députés et les sénateurs qui ont voté le texte de la Charte de l'Environnement puissent se dédire.

Aucune raison ne semble recevable risquant de compromettre l'existence et la pertinence d’un principe irremplaçable: le principe de précaution. C'est un principe d’action exceptionnel pour risques exceptionnels. Face à de tels risques, il n’y a pas d'autre réplique possible que la mise en oeuvre de ce principe.

Parlons du réchauffement climatique, risque majeur s'il en est:
- Nous envoyons du gaz carbonique de façon massive dans l'atmosphère mais les effets dommageables du changement climatique se feront sentir dans quelques décennies. Attendre les dommages pour agir reviendrait à condamner nos enfants et petits enfants à une vie difficile.

Parlons de l'érosion de la biodiversité, autre risque majeur:
- Les conséquences de la réduction de la biodiversité sur les écosystèmes terrestres relèvent également de la catégorie des risques différés. Attendre qu'il n'y ait plus d'abeilles pour la pollinisation des fleurs des arbres fruitiers serait une erreur dramatique.

Il convient de parer à ces risques avant qu’il soit trop tard.
Le principe de précaution est la réponse appropriée.

Nul ne peut risquer de mettre en péril nos descendants donc l'humanité.
Face à un risque incertain, je l'ai déjà dit avec d'autres, tels le philosophe Dominique Bourg ou le président de France Nature Environnement: "la première exigence de la précaution est une meilleure connaissance du risque, et donc l’ouverture d'un programme de recherches favorisant l’interdisciplinarité et la modélisation à long terme. La mise en oeuvre d’un tel programme conditionne et encadre les autres mesures prises au nom de la précaution : celles visant à parer au risque. "

Il est difficile d'imaginer que des élus refuseraient cette avancée qu'est l'intégration à la Constitution de la Charte de l'Environnement. Qu'on ne dise pas NON au motif que ce n'est pas suffisant. En disant NON, il n'y a rien du tout. C'est pire. Donc faisons ce pas. La prochaine fois, on en fera un autre.

Hubert REEVES
Astrophysicien,
Président de la Ligue Roc