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Le 2 mars 2007
La création du Parc Amazonien de Guyane
La création du Parc Amazonien de Guyane, attendue depuis plus de 10 ans est officielle (décret du 27 février 2007). C’est une avancée significative mais encore pleine d’incertitudes et avec des insuffisances qui empêchent l’enthousiasme. Pourquoi ?
Ce dossier difficile a enfin avancé, des millions d'hectares de forêt primaire vont être protégés, nous qui ne cessons d'attirer l'attention sur la perte de biodiversité ne pouvons que saluer la parution du décret de création.
Oui mais voilà, ce n’est pas si simple.
Tout d’abord, une incertitude de taille demeure, le décret de création s’il interdit l’orpaillage en zone cœur, ne dit rien de l’orpaillage en zone d’adhésion, renvoyant la décision à la future charte du parc. Quand on sait les ravages environnementaux et sanitaires de l’orpaillage on ne peut que condamner l’absence d’interdiction.
Surtout, les Amérindiens du Haut Maroni (Wayanas et Emerillons) avaient exprimé leur désir de voir leurs territoires intégrer la zone cœur du Parc, demande retenue par les Commissaires enquêteurs, mais pas par le décret de création. Et cette erreur laisse la porte ouverte à l’orpaillage …au mépris de ceux qui vivent de la forêt.
Cette décision est d’autant plus incompréhensible que la motivation de la nouvelle loi sur les parcs nationaux était de permettre une meilleure prise en compte de l’avis des locaux. C’est le contraire qui se passe !
Enfin, le Parc n'entérine pas ce qui a permis de protéger la forêt guyanaise: la propriété foncière collective, base de l’organisation sociale des sociétés traditionnelles. Sans titre de propriété, les membres de ces peuples seront "sans territoire" et ne pourront défendre leur milieu de vie. Et les droits d'usage qui permettaient de vivre de la nature sans la piller risquent fort ou de disparaître ou de devenir des droits auxquels des touristes pourraient prétendre. Le développement touristique est pourtant un objectif que rejettent les peuples autochtones qui veulent continuer à vivre sans être sous le regard de visiteurs non invités. A cet égard nous attendons des engagements publics sur le maintien de l’arrêté préfectoral dit « arrêté sanitaire » qui limite l’accès aux territoires du sud de la Guyane.
La création de ce parc ne doit pas être gâchée par ces insuffisances, il faut y remédier en étendant le périmètre du parc, et en y interdisant l’orpaillage.
Contacts presse :
Président Hubert Reeves
roc-paris@roc.asso.fr Tel : 01 43 36 04 72 Christophe AUBEL, Directeur porte-parole
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