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La Ligue ROC
agit
pour la faune sauvage
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NATURA 2000, la parole à …
Maurice Wintz,
administrateur de France Nature Environnement
La Lettre du Hérisson, revue de FNE (octobre 2002).
• Pourquoi êtes-vous favorable à Natura 2000 ?
MW : Nous traversons actuellement une crise écologique mondiale majeure qui se traduit par la disparition extrêmement rapide de milieux naturels et d’espèces. Natura 2000, réseau européen, tente de répondre à cette crise en préservant et en restaurant des habitats naturels menacés dans toute l’Europe. La constitution d’un réseau devrait également permettre de réconcilier une population de plus en plus citadine avec des espaces ruraux et naturels de qualité.
• Pourquoi un maire le serait-il ?
MW : Le réseau Natura 2000, dans la mesure où il préserve des espaces et des espèces menacés, permet également le maintien de lieux de vie et de détente pour une population variée. En ce sens, il représente un enjeu d’intérêt général, qui est du ressort du maire et qui dépasse la défense d’intérêts catégoriels.
Par ailleurs, en s’appuyant sur des comités de pilotage locaux et en bénéficiant de moyens financiers nationaux et européens, il peut être un outil de développement pour les communes rurales.

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• Pourquoi une mise en place difficile en France ?
MW : Malgré la grande fragilité de notre patrimoine naturel, on constate que le traitement de ce dossier par les pouvoirs publics ne s’accompagne pas d’une véritable prise de conscience. En recensant un ensemble d’espaces recouvrant 13% du territoire, le projet doit impérativement faire naître une volonté politique adaptée.
L’absence d’une telle volonté explique en bonne partie la latitude qui a été laissée à la contestation agro-sylvo-cynégétique qui s’est appuyée sur une désinformation et sur la relative importance des surfaces concernées.
L’absence de concertation incluant le grand public, qui pourrait peser en faveur du projet, est également à prendre en compte.
• Qu’est-ce que Natura 2000 apporte de plus par rapport aux autres systèmes de protection en France ?
MW : Natura 2000 a été une des premières démarches prospectives et de programmation en matière de protection de la nature. Elle a obligé les pouvoirs publics à mieux connaître le patrimoine naturel du pays et à s’interroger sur son devenir. Avec Natura 2000, nous commençons enfin à sortir d’une protection par opportunité pour aller vers une protection par objectif.
• Que pensez-vous des arguments dénonçant la sanctuarisation des zones concernées ?
MW : Natura 2000 a pour vocation explicite de maintenir et de restaurer les sites dans un état de conservation favorable à la biodiversité. Comme la plupart des habitats visés par la directive sont des habitats anthropiques, il est logique que la mise en pratique de Natura 2000 se traduise par le maintien des activités humaines dans la mesure où elles sont compatibles avec le document d’objectifs.
Gilles Pipien
ancien DIREN PACA
et ancien directeur de cabinet de la Ministre de l’Ecologie.
Contribution écrite à la Ligue ROC (septembre 2004).
Natura 2000 marque une étape essentielle de l’évolution de la protection de la nature : en dépassant la protection simple des espèces pour s’étendre à celles des écosystèmes ou habitats naturels ; en prenant en compte la contribution des pratiques humaines dans la constitution et la pérennité de ces habitats ; en repensant donc le lien homme / nature dans une conciliation, sans occulter les conflits ; en permettant l’émergence du concept de « patrimoine naturel » où culture et nature se rejoignent, permettant une appropriation par chacun ; en intégrant la nature comme un élément essentiel du développement durable.
Natura 2000 constitue ainsi un germe d’une évolution indispensable de la protection centralisée de la nature à une politique décentralisée et partenariale de préservation et gestion concertées de notre patrimoine naturel.
Et l’enjeu est énorme, car aujourd’hui, la biodiversité s’effondre partout, et ce ne sont pas les pastilles des 200 000 hectares des réserves naturelles qui arrêteront cette terrible dégradation. Il y a longtemps que des écologues nous alertent sur l’importance de l’espace naturel « banal », notre campagne. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus limiter notre action aux cathédrales de la nature que nous révérons dans les parcs nationaux ou aux espèces emblématiques comme l’aigle de Bonelli ou l’Ours. C’est sur l’ensemble de nos territoires ruraux, sur les 90% de notre territoire national qu’il faut porter la lutte.
Il est clair que l’Etat seul ne pourra faire face. C’est toute la population qu’il faut mobiliser. Et donc les politiques doivent faire confiance à l’action individuelle, à l’initiative locale. C’est ainsi que notre patrimoine culturel bâti a pu être pris en charge et être préservé.
Des inventaires pour connaître, des objectifs concertés, un encouragement à l’initiative locale, une solidarité financière conséquente, une évaluation scientifique et concertée, tels sont les ingrédients de cette nouvelle politique à construire.
Natura 2000 est un laboratoire inespéré et fondamental pour une nouvelle politique du patrimoine naturel.
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