|
|
|
Homme nature et pesticides
Le dossier pesticide a été l’un des temps forts du Grenelle de l’environnement qui a conclu à un « objectif de réduction de moitié des usages de pesticides en accélérant les méthodes alternatives ».
Un objectif fort, mais dont on peut regretter l’absence de date butoir. Il doit en tout cas lancer le moment d’un vrai changement de politique, il est temps quand on sait l’impact désastreux de ces produits sur la biodiversité et notre santé. Le dossier ci-dessous vous permettra d’appréhender le sujet (et comme pour toutes les décisions Grenelle voir www.biodiversité.2012 pour l’avancée des travaux).
UN DOSSIER
HOMME NATURE ET PESTICIDES
La base pédagogique de ce dossier a été réalisée en septembre 2002, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par la Ligue ROC, Univers Nature et la LFDA (Ligue Française de Protection des Droits de l’Animal), cri d’alerte sur un sujet dont, à l’époque, on parlait peu. Les pages qui suivent ont été depuis actualisées.
Le dossier également actualisé est en vente sur notre page publications.
Nous remercions Mme Smeesters et Ms Clément, Lamiot, Le Goff et Cacciabu pour leurs interventions ainsi que toutes les personnes qui, grâce à leurs informations, nous ont permis de construire ce dossier.
Utilisation agricole des pesticides depuis plus d’un demi siècle
Avant la Seconde guerre mondiale, l’agriculture utilisait des dérivés minéraux (ex : le cuivre entrant dans la composition de la bouillie bordelaise, l’arséniate de plomb, etc.) ou végétaux (produits dérivés du pyrèthre…).
Après la guerre, on est entré dans l’ère des organochlorés. Depuis, d’autres familles de produits sont apparues sur le marché et on dénombre, maintenant, environ 500 substances actives et 2 700 spécialités. La majorité de celles qui sont disponibles en France est listée dans l’ « Index phytosanitaire » (Toxicologie humaine des produits phytosanitaires, de F.Testud, R. Garnier, B. Delemotte, ESKA).
Plus l’agriculture est intensive, plus elle utilise d’intrants dont les pesticides. En France, les 14,3 millions d’hectares de forêts et les 18 millions d’hectares de productions végétales diverses (céréales, betteraves, pommes de terre, etc.) consomment l’essentiel des pesticides commercialisés chaque année (plus de 100 000 tonnes en 1999).
Le marché européen est le 2ème marché mondial. Par pays, la France est le premier de l’Union européenne et le 3ème mondial après les USA et le Japon.
Banalisation de leur usage
L’agriculture n’est pas la seule utilisatrice de pesticides. En France, 10 000 tonnes ont été utilisées en 1999 par :
- les gestionnaires privés d’infrastructures autoroutières,
- les services départementaux (routes) et communaux (espaces verts),
- les jardiniers amateurs,
- les Voies Navigables de France,
- la SNCF et ses trains “ désherbeurs ”,
- les golfs...
|
|
Accumulation des pesticides dans l’environnement
Paru aux Etats Unis en 1962 et signé de Rachel CARSON , le livre « Silent spring » révéla l’extrême nocivité planétaire du DDT mis sur le marché en 1942. Depuis, malgré l’interdiction quasi générale de cet insecticide, on le trouve encore dans l’environnement …
A l’instar du DDT, de nombreux pesticides actuels s’accumulent dans l’environnement. En 2002, un ouvrage leur est à nouveau consacré : « Pesticides, le piège se referme » écrit par François Veillerette qui dénonce leur nocivité (édition TERRE VIVANTE).
De plus en plus décriés, on pourrait croire que ces produits n‘affectent que le sol et les seules zones rurales, mais à l’insu des citadins, ils sont aussi présents au sein des villes.
Pour cette raison, et sans ignorer les problèmes posés par les engrais chimiques qui perturbent aussi les cycles biogéographiques de l’azote, du phosphore... (Eléments d’écologie appliquée, de F. Ramade, EDISCIENCE),
il est légitime de se poser la question :
Peut-on, sans risque pour la planète, continuer à utiliser les pesticides ?
|