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Saturnisme - Santé - Environnement
- 200 à 300 billes de plomb par cartouche soit 30 à 35 g de plomb (selon les sources 3 à 6 cartouches par oiseau d’eau atteint),
- l’un des matériaux les plus toxiques en terme de risque/quantité, avec le mercure, et le cadmium
- seuls quelques grains de plomb touchent l'oiseau. Les autres - plus de 1000 d'entre eux - retombent au sol ou dans l'eau où ils peuvent être ingérés par les oiseaux.
Remarques :
- le grammage des cartouches de ball-trap olympique tend à diminuer avec le temps, mais reste toujours supérieur à 20 g de plomb (dans la quasi totalité des cas en France).
- si chacun des 1,4 millions de chasseurs français ne tirait qu’une seule cartouche de 32 g par an... ce serait déjà 46,6 t de plomb dispersés dans la nature
- 466 t en 10 ans
- 4660 t en 100 ans
La réalité
Environ 250 millions de cartouches/an, tous tirs confondus, 3/4 pour la chasse soit plus de 6.000 t/an de plomb, 1/4 pour le ball-trap plus de 2000 t/an ?
Remarques :
- jusque dans les années 1960, la majorité des chasseurs fabriquaient eux-mêmes leurs munitions. Certains tireurs sportifs ou stand de tir coulent et fabriquent encore leurs munitions.
- le ball-trap ne s’est développé que lors de la dernière guerre. La fédération française annonçait encore récemment vouloir doubler le nombre de site.
Les oiseaux d'eau n'ont pas de dents. Ils ingèrent de petits gravillons (appelés grit) qui sont stockés et utilisés dans le gésier pour broyer les aliments.
Plus les aliments sont durs, plus le plomb se solubilise vite. Si le matin on donne des graines de maïs à un canard avec 6 billes de plomb, le soir la totalité du plomb peut être passée dans le sang, soit 20 fois plus vite qu’avec des aliments « mous ». Il meurt paralysé dans les 5 à 6 jours qui suivent.
Remarque :
Certains oiseaux ont des lames cornées (chitineuses) dans le gésier, qui remplace les dents et érodent rapidement les plombs.
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Plombs incrustés
Il s’agit des plombs conservés dans la chair de l’animal après cicatrisation plus ou moins terminée (ces plombs, on l’a montré, et même chez l’homme entretiennent une plombémie anormalement élevée, mais n’empêche pas l’accomplissement de la plupart des fonctions biologiques).
Le plomb toxique passe dans le gésier, dans le sang, est concentré par les reins et le foie, ou fixé dans le cerveau et les os.
20 à 30 % des individus apparemment sains d'oiseaux d’eau échantillonnés dans de nombreux endroits en Amérique du Nord étaient porteurs d'un ou de plusieurs plombs incrustés, y compris des espèces totalement protégées et difficiles à confondre avec des espèces dont la chasse est autorisée (jusqu’à 15 % des individus d'une population totalement protégée de cygnes trompettes).
Des millions d'oiseaux aquatiques et des millions d'autres oiseaux ou gibiers sont donc porteurs de plombs incrustés qui sont des sources de saturnisme pour les rapaces et les détritivores. Le pourcentage le plus important est probablement chez les animaux soumis à la pression de chasse la plus grande, comme les faisans, par exemple.
• Quelques données
En Nouvelle-Angleterre, 30 % environ des carcasses de Huarts à collier examinées jusqu'à présent étaient porteuses de grenaille incrustée, même si les coups de fusil étaient responsables de moins de 10 % des morts (M. Pokras, comm. pers./EnvironnementCanada / SCF).
Platt (1976) a signalé qu'une population de Pygargues à tête blanche hivernant dans un désert de l'Utah avalait de la grenaille en se nourrissant abondamment de lièvres tués ou blessés par les chasseurs. Ces derniers, comme les lapins, peuvent être une forte source de plomb pour les Pygargues à tête blanche et les mammifères carnivores.
Au Canada, environ 20% de la grenaille est tirée sur les petits mammifères (source : Environnement Canada)
Remarque :
Beaucoup d’oiseaux morts par collision avec véhicules, vitres, lignes HT ou apportés aux centres de soins ont des plombs incrustés et blessures cicatrisées.
Accumulation dans les os
Le plomb s’accumule dans les os. La teneur osseuse est donc un indice du degré d'exposition chronique et ponctuelle au plomb (et de l’exposition du fœtus si la mesure est faite au sortir de l’œuf).
Au Canada, les étude du SCF (Dickson et Scheuhammer, 1993; Scheuhammer et Dickson, 1995) sur le plomb dans les os des ailes des canards juvéniles ont montré la corrélation avec la chasse et son intensité.
L'exposition était jugée «forte» si au moins 20 % des juvéniles de surface présentaient une concentration osseuse supérieure ou égale à 10 µg/g de poids sec (Scheuhammer et Dickson, 1995) :
- contamination forte : Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick et Ontario.
- contamination assez forte : Québec (19 % de concentration élevée de plomb dans les os).
- contamination la plus forte : Île-du-Prince-Édouard (25 %),
- contamination la plus basse : Alberta (6 %).
- moyenne nationale : 17 % des juvéniles de surface ont une concentration élevée de plomb dans les os.
Remarque :
Certains rapaces sont spécialisés dans la consommation des os, qu’ils laissent tomber du ciel sur des pierres pour les casser.
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