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La population totale d'éléphants d'Afrique : un effectif alarmant

DEUX DÉCLINS SUCCESSIFS : CONSÉQUENCES DU COMMERCE DE L'IVOIRE

Les populations d’éléphants d’Afrique ont subi, à deux reprises, un déclin spectaculaire :

  • le premier entre le milieu du 19ème siècle (à partir de 1840) et la Première guerre mondiale : il a été abattu durant cette période entre 3.300.000 et 4.400.000 éléphants.
  • le deuxième au cours des deux décennies 1970-1990 pendant lesquelles ont disparu les quatre cinquièmes des effectifs restants, la population totale chutant de 2 millions à environ 350.000 éléphants.

C’est la demande internationale d’ivoire qui a été la cause essentielle et même quasi exclusive de ces déclins, au point d’avoir, à deux reprises en moins d’un siècle, réellement menacé la survie de l'espèce entière.


LA DÉCISION DE LAUSANNE DE 1989 : L'INTERDICTION TOTALE DU COMMERCE DE L'IVOIRE

Confrontée à un échec patent de toute tentative de gestion rationnelle de l’espèce et ne pouvant faire face à un braconnage généralisé1, une majorité croissante de pays africains réclamait l’arrêt total du commerce de l’ivoire par le transfert de toutes les populations d’éléphants en Annexe I de la CITES, le plus haut niveau de protection internationale. Ce transfert devint effectif lors de la 7ème Conférence des Parties qui se déroulait à Lausanne (Suisse) du 9 au 20 octobre 1989.

Depuis cette date, toutes les enquêtes, notamment celles menées par l'UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature) et le WWF (World Wide Fund for Nature), ont montré que dans tous les pays d'Afrique, l'inscription de l'éléphant en Annexe I s'était traduite par un arrêt de la demande d'ivoire, une chute brutale des prix et, en conséquence, un déclin spectaculaire du braconnage. Le Kenya est l'exemple le plus frappant puisqu'il est passé de 3000 à 5000 bêtes tuées par an avant l'interdiction, à 55 en 1990 et seulement deux éléphants ont été braconnés de janvier à septembre 1991.


UNE POPULATION TOTALE RÉDUITE A 286.000 TETES AUJOURD'HUI

Selon la base de données sur l'éléphant d'Afrique du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), la population totale se situerait aujourd'hui dans une fourchette de 286.000 à un peu moins de 400.000 éléphants, soit à peu près la même estimation qu'en 1989, date de l'arrêt du commerce de l'ivoire. Depuis la réouverture de ce commerce en 1997, le braconnage a repris de façon alarmante sur l’ensemble du continent africain et l’espèce pourrait donc disparaître très rapidement si des mesures ne sont pas prises de toute urgence.

1 Une étude présentée par le gouvernement de la Tanzanie à la 7ème Conférence de la CITES confirmait que 94% de l'ivoire officiellement exporté pendant les années 1970-1989 (1000 tonnes par an, soit 90.000 éléphants) provenaient du braconnage.

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