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Le ragondin, sa vie, son œuvre...


Qui est le ragondin ?

Le ragondin est un mammifère de l’ordre des rongeurs. De grande taille (70 centimètres à un mètre, six kilos), il a le corps recouvert d’une épaisse fourrure imperméable et terminé par une queue cylindrique écailleuse. Ses pattes postérieures palmées, ses narines obturables placées, comme ses yeux, très haut sur la tête, en font un animal amphibie parfaitement adapté à la vie aquatique. On le trouve dans les zones d’eau douce et calme, les marais, étangs et canaux bordés de végétation. Dans les berges, il creuse des terriers de quelques mètres de profondeur, avec plusieurs entrées dont l’une est immergée.
Le ragondin a un régime herbivore, constitué de feuilles te de tiges de végétaux aquatiques ou terrestres, de racines et d’écorces de jeunes arbres. A l’occasion, il ne dédaigne pas de consommer du blé, du maïs ou des carottes.
La femelle a deux ou trois portées par an, de cinq petits en moyenne. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle vers six mois. Dans la nature, un ragondin peut vivre quatre ou cinq années.


D’où vient le ragondin ?

Le ragondin est originaire d’Amérique du Sud. Il a été introduit en France au XIXème siècle pour la pelleterie. Dans les années 1930, sa fourrure est passée de mode et, l’élevage n’étant plus rentable, les animaux ont été relâchés dans la nature où ils se sont rapidement acclimatés. Aujourd’hui, le ragondin est présent sur tout le territoire national, sauf en altitude. Ses prédateurs naturels (caïman, jaguar) sont absents mais le renard, le putois, la loutre et certains rapaces exercent une prédation significative sur les jeunes ragondins. Hors de l’eau, le ragondin peut résister à des températures très basses, mais les périodes de gel prolongé en hiver, lorsque les cours d’eau sont pris en glace, peuvent porter un coup sévère aux populations.


Quels problèmes peut-il poser ?

Le ragondin peut causer des dégâts aux plants de céréales ou aux cultures maraîchères situées à proximité des cours d’eau. En période de gel, lorsque les herbes aquatiques sont hors d’atteinte, il peut occasionner par écorçage des dégâts dans les peupleraies. On lui reproche également d’être porteur de maladies transmissibles aux animaux domestiques et à l’homme, comme la leptospirose et la douve du foie. Mais son principal impact touche les ouvrages hydrauliques : en creusant ses terriers dans les berges des canaux et les digues, il les endommage et les plus minées peuvent céder lors des crues.



Comment « vivre avec le ragondin » ?

En France, le ragondin est installé sur la quasi-totalité du territoire et il n’est plus possible de l’éradiquer : il fait désormais partie de notre faune. Divers moyens de prévention permettent d’éviter ou de limiter les nuisances provoquées par le ragondin. Ils sont détaillés dans la brochure « Ragondin, rat musqué : stop au poison ! » éditée par France Nature Environnement.

Le ragondin est inféodé aux alentours des rives, si bien que les dégâts aux cultures sont généralement de faible superficie et localisés sur une bande de vingt mètres de large de part et d’autre des cours d’eau. Les cultures peuvent être protégées simplement en évitant de les implanter à proximité des cours d’eau et en privilégiant au bord de l’eau une frange de végétation naturelle.
La meilleure protection des berges contre le creusement des terriers est la végétation ligneuse, car le système racinaire des arbres stabilise et fixe la terre. Le ragondin faisant ses terriers avec une entrée sous l’eau ou à proximité immédiate, un bon moyen de préserver les digues est d’en éloigner la base à une distance de deux mètres de l’eau, voire davantage si les terriers sont plus profonds.
La prévention de la leptospirose passe par l’hygiène individuelle et l’information des personnes exposées au risque (professionnels, piégeurs, chasseurs et pêcheurs en eau douce) sur les règles à respecter : porter des gants et des bottes, éviter de manipuler l’eau à mains nues, se laver systématiquement les mains. La baignade en eau douce doit se pratiquer dans des lieux de baignade reconnus où l’eau est fréquemment contrôlée.

La destruction du ragondin est possible mais coûteuse. Elle ne se justifie que lorsque les fortes densités de population provoquent localement des dégâts importants. Les principales méthodes de destruction sont le tir et le piégeage. Le tir (à l’arme à feu ou à l’arc) se pratique dans le cadre de l’exercice de la chasse ordinaire, des chasses et battues administratives ou lors de la destruction par les particuliers. Le piégeage doit privilégier la cage-piège, qui ne risque pas d’occasionner la destruction d’espèces non cibles, et respecter des règles concernant la déclaration préalable en mairie, la pose du piège et l’élimination sans souffrance des animaux capturés. Le piégeage est plus efficace lorsque l’action est coordonnée entre plusieurs communes pour couvrir une zone humide délimitée, ou mieux, un bassin versant. Enfin, la destruction par le poison n’est plus autorisée que par dérogation dans quelques départements, et disparaîtra totalement en 2009. Cette méthode ne sélectionne pas les victimes et a déjà entraîné la mort de nombreux animaux d’autres espèces, sauvages ou domestiques.


Bibliographie

« Le ragondin, biologie et méthodes de limitation des populations », publié sous la direction de Pierre Jouventin, éditions Acta, 149 rue de Bercy, Paris, 1996.
« RAGONDIN, RAT MUSQUÉ STOP AU POISON! Les alternatives à l’utilisation des anticoagulants en milieu naturel », France Nature Environnement, 2006.