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Le sanglier

Biologie

Le sanglier (Sus scrofa), ongulé non ruminant, de la famille des suidés, est un animal nomade qui se déplace beaucoup à la recherche de nourriture.
Le poids du mâle peut atteindre 150 kg (voire beaucoup plus) pour 90 cm au garrot alors que la laie dépasse rarement les 100 kg.
Au niveau des sens, si la vue n’est pas perçante, elle est compensée par une ouïe très fine et un odorat particulièrement développé.
La denture est caractérisée par quatre canines : deux sur la mâchoire inférieure que l’on appelle les “défenses”, et deux sur la mâchoire supérieure, appelées les “grés”. Elles constituent une arme redoutable, car elles sont terriblement coupantes et s’aiguisent en permanence entre elles. Les défenses poussent durant toute la vie du sanglier.
Le sanglier est excellent nageur. Il passe beaucoup de temps à se souiller dans la glaise puis à se frotter au tronc des arbres pour se débarrasser des parasites.
La structure sociale du sanglier est matriarcale.
La cellule de base ou compagnie est constituée de plusieurs laies suitées. La “meneuse” est la plus âgée et la plus expérimentée.
Les jeunes sangliers, de 12 à 24 mois sont appelés “bêtes de compagnie”. A partir de 2 ans le sanglier mâle est appelé “ragot”. A partir de 4 à 5 ans les mâles quittent les groupes pour devenir solitaires.
L’activité du sanglier est surtout nocturne.


Alimentation

Son régime alimentaire est du type omnivore : fruits forestiers (glands, faines...), fruits divers (pommes, raisins), racines, tubercules, céréales (maïs en lait puis en grains), de lombrics et de viande (des animaux morts mais aussi de jeunes faons).


Reproduction

Le rut se déroule fin novembre-début décembre. Les vieux mâles recherchent alors les "compagnies" et se livrent à de violents combats pour l’accès aux femelles et donc à la reproduction.

Après 3 mois, 3 semaines et 3 jours de gestation, la laie met bas à des marcassins rayés de roux (entre 4 et 10) dans un nid de branches et d’herbes appelé “chaudron”. Les marcassins seront sevrés vers l'âge de 3 mois. Puis, ils perdent leurs rayures et deviennent des “bêtes rousses”.


Statut légal


Le sanglier appartient à la liste des espèces dont la chasse est autorisée et à la liste nationale des animaux susceptibles d’être classés nuisibles dans chacun des départements français. Il est chassé à tir, souvent en battue, et à courre et dans ces deux cas, toujours avec des chiens. Lorsque l’animal est classé nuisible, la période de destruction prolonge celle de la chasse.


Répartition et effectifs

L’aire de répartition possible de l’espèce occupe une grande partie de la France, de l’Espagne, de la Belgique, du Luxembourg, de l’Allemagne et au-delà... Sa présence concerne surtout les forêts feuillues mais on le trouve aussi dans les marais et même en Camargue. Il est en fait présent, ou de passage, dans toutes les forêts de France .
L’espèce voit ses effectifs varier considérablement selon les époques historiques. Ainsi pendant la seconde guerre mondiale, avec l’arrêt de la chasse, l’espèce connut une forte expansion. Le rétablissement de l’autorisation de chasser fut suivi d’un déclin. Puis l’élevage permit des lâchers, et actuellement les effectifs sont élevés. Le sanglier ayant été croisé avec le porc domestique, les hybrides n’ont pas les mœurs farouches du sanglier sauvage et leur nombre élevé entraîne des dégâts et de graves accidents de la circulation.


Objectif : l’équilibre naturel

Sans prédateur, le sanglier ne subit que les risques liés aux intempéries, épizooties et activités humaines. Il n’a pas vraiment besoin de nourrissage artificiel qui le rend prolifique. Tout encouragement à sa prolifération témoigne d’une politique à courte vue, incontestablement préjudiciable au milieu naturel et aux productions agricoles.
La présence du sanglier qui de son groin assure l’introduction de l’humus dans le sol et détruit un certain nombre de larves, est bénéfique à la forêt. Le scientifique Roland M. Libois (Univ. de Liège) rapporte qu’en Pologne, "toute chasse au sanglier est interdite dès que certaines espèces de lépidoptères se répandent. La menace que ces parasites représentent pour les arbres est alors efficacement écartée".
La chasse a généré des pratiques néfastes d’hybridations suivies de lâchers. Quand, de surcroît, les résineux ont supplanté les feuillus, les forêts ne peuvent subvenir aux besoins de l’espèce qui provoque alors des dégâts aux arbres et surtout aux cultures voisines car le sanglier est contraint de quitter son domaine initial.
La responsabilité de la chasse de loisir dans ce qu’il est advenu du sanglier est lourde.


Autres réflexions

  • L’apport de nourriture par des riverains de zones boisées à des sangliers fréquentant des zones urbanisées est une démarche à laquelle il faut renoncer. Elle reproduit, certes à moindre échelle, le nourrissage abusif de certains chasseurs, rend les animaux dépendants de ces aliments, et accentue leur familiarité.
  • La détention d’un sanglier (marcassin ou adulte) est interdite pour un particulier. Recueillir un animal sauvage blessé est un acte de plus en plus fréquent mais les centres habilités à le recevoir accueillent principalement les espèces protégées, ce qui n’est pas le cas du sanglier.

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