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VIVRE AVEC LES GRANDS PRÉDATEURS

Loup, Lynx et Ours sont les grands prédateurs de la faune française métropolitaine.
N’oublions pas le Jaguar, le Puma en Guyane…

De ce fait ces trois espèces sont souvent mises en vis-à-vis, mais en réalité les problématiques diffèrent :

  • le loup est revenu naturellement depuis l’Italie voisine, l’ours a subsisté en petit nombre dans les Pyrénées et sa population y a été renforcée, enfin le lynx qui a toujours été présent dans l’est, est en expansion vers le sud (notamment à partir de la Suisse) et il a été réintroduit dans les Vosges.
  • si le loup et le lynx sont de véritables carnivores, l’ours est en fait un omnivore qui consomme, en moyenne, 70% de végétaux.
  • leurs exigences biologiques (milieu, rythme de vie…) sont différentes.

Concernant leur cohabitation avec le pastoralisme, laissons la parole aux éleveurs, bergers, associatifs réunis par notre fédération France Nature Environnement, en janvier 2003 pour les premières rencontres écopastorales.

Déclaration commune des participants aux premières rencontres nationales de l’éco-pastoralisme.

"La réunion de Lavelanet de Comminges est une date importante. Nous, éleveurs, bergers de Franche-Comté et du Jura, des Alpes et des Pyrénées et protecteurs de la nature avons souhaité nous rencontrer pour parler du loup, de l’ours et du lynx.

C’est une grande première. Depuis que le loup est revenu dans les Alpes voici dix ans, le lynx dans le Jura et les Vosges et depuis que la population d’ours a été renforcée dans les Pyrénées, on entend dire partout, dans la bouche de responsables agricoles et d’élus, et donc dans la presse, que la cohabitation entre le pastoralisme et les grands prédateurs est impossible.


C’est faux ! Elle est difficile, parfois très difficile. Mais d’abord parce que le pastoralisme, victime du productivisme et frappé par la concurrence internationale et la mondialisation, est plongé dans une crise si grave qu’elle met en danger sa survie.

La réapparition des grands prédateurs est une épreuve supplémentaire mais une épreuve de vérité. Ou nous saurons habiter la montagne en prenant en compte les nouveaux enjeux de la société tout entière (dont la défense de la biodiversité), ou le pastoralisme en souffrira.
Et ce serait un drame. Car le pastoralisme est une histoire vieille de plusieurs milliers d’années, qui démontre que l’homme est capable de vivre dans la nature, avec elle.

Ceux qui refusent la présence des animaux sauvages sont contre cette filiation, pour nous, essentielle. Nous pensons différemment. Nous pensons que la tradition la plus ancienne et la modernité la plus actuelle peuvent et doivent se rencontrer. Le monde entier à Johannesburg, il y a six mois, a proclamé que la défense de la vie sur terre était désormais la première des priorités. Nous en sommes d’accord. En Afrique, avec l’éléphant et le gorille. En Asie, avec le tigre et l’orang outan. En Europe, avec le loup et l’ours …

Nous avons le sentiment d’être des pionniers. Notre réunion annonce des temps nouveaux, des temps modernes. La confrontation avec la faune sauvage nous offre la possibilité, à nous éleveurs et bergers, à nous protecteurs de la nature, de redéfinir nos relations avec la vie, la vie sauvage. Ce sera dur, cela prendra du temps. Cela demandera des efforts, et des aides. Mais nous y croyons. Nous croyons que l’avenir appartient à ceux qui sauront partager l’espace en pensant à ceux qui viendront après eux."
Lavelanet-de-Comminges, le 19 janvier 2003.

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